La population de la région de Miramichi comporte plusieurs peuples, pour la majorité autochtones, français, anglais, écossais et irlandais.

Les premiers colons français vinrent s'y installer en 1645 lorsque Nicolas Denys y fonda son poste de traite. La gestion du poste fût ensuite confiée à son fils, Richard Denys. Avant le Grand Dérangement de 1755, on recensait des missionnaires, des marchands et des pêcheurs dans la région mais il s'agissait d'une présence française instable.

Vers l'été 1756, la région s'est transformée en lieu de rassemblement pour les réfugiés acadiens fuyant le Grand Dérangement. Pendant cette sombre période de l'histoire, près de 6000 acadiens se sont retrouvé au Camp d'Espérance (ou Camp de l'Espérance) à la Pointe Wilson de Miramichi. Un grand nombre périrent alors que d'autres quittèrent la région pour s'installer le long de la baie des Chaleurs ou au Québec mais un petit nombre de familles acadiennes demeurèrent dans la région pour aller ensuite s'installer à Néguac.

Un nouveau chapitre s'ouvre avec l'arrivée des entrepreneurs écossais William Davidson et John Cort en 1765. Dans les années suivant leur arrivée se développèrent les villages de Newcastle (aujourd'hui Miramichi Ouest) et Chatham (Miramichi Est) suivi très vite de ceux de Douglastown et Nelson. Grand nombre d'immigrés anglophones furent attirés par l'exploitation forestière, la construction navale et la pêche. Le grand incendie de 1825 freina toutefois le développement de la région. L'incendie éclata le 7 octobre, à la suite d'un été sec et chaud, et ravagea 6 000 milles carrés faisant en même temps environ 500 morts.

Les documents de la première moitié du 19 e siècle fournissent peu de détails sur la présence francophone à Miramichi mais nous savons néanmoins que des familles francophones y habitaient. Le recensement provincial réalisé en 1851 indique deux familles acadiennes à Newcastle et 5 familles acadiennes à Chatham. Le nombre de familles d'origine francophone demeurent constant au recensement du 1861 où on fait mention de sept familles qui ont un patronyme français. Le premier recensement fédéral, qui fût réalisé en 1871, indique 19 familles ayant un patronyme français dans les paroisses civiles de Newcastle et de Chatham, soit 133 personnes. Lors du recensement fédéral de 1881, le nombre de familles grimpe à 83, soit 443 personnes, pour redescendre à 72 familles en 1891.

Un autre chapitre sur l'histoire francophone de la Miramichi s'ouvre en 1907 lorsque Victor Fournier obtient une concession de terres à dizaine de kilomètres au nord de Newcastle qui deviendra le noyau du village de Beaverbrook. D'autres Acadiens vinrent vite le rejoindre et bientôt un autre village, celui de Bellefond, s'ajoute. En 1938, on détache les villages de Beaverbrook et Bellefond de la paroisse St. Mary's de Newcastle pour constituer la paroisse de l'Ascension et le Père Louis Lamontagne est nommé le premier curé par l'évêque acadien de Bathurst, Mgr Patrice-Alexandre Chiasson.

Référence : Allain, Greg et Maurice Basque. Du silence au Réveil : la communauté acadienne et francophone de Miramichi, Nouveau-Brunswick. Miramichi : Carrefour Beausoleil, 2005.
ISBN 2-9808882-0-6.